Mise en scène et partis pris


Derrière les murs, une mise en scène circulaire

Le nombre de comédiens sur scène et la présence quasi constante de la salle de classe dans la trame narrative oblige Drôles en Scène à réfléchir à une mise en scène plus élaborée en utilisant la Salle des Fêtes autrement. Très vite, l’idée s’impose de faire jouer les comédiens non pas sur scène mais au milieu du public. L’objectif est clair : faire en sorte que le message et l’action touchent de plein fouet le spectateur et qu’aucune barrière (physique, sonore ou autre) ne puisse entraver la bonne compréhension de l’histoire.

Cette dynamique n’est pas sans poser des difficultés. Tout d’abord, elle oblige Drôles en Scène à investir dans un métrage conséquent de moquette afin de ne pas abîmer le parquet de la salle. La scène mesurera ainsi 144 mètres carré. De même, chaque élément de décor devra être sur roulettes afin d’être plus facilement déplaçable et éviter ainsi, toute longueur entre deux scènes. La mise en scène devra également prendre en compte cette dynamique circulaire afin que chaque scène puisse être appréciée de chaque spectateur. Enfin, un des éléments majeurs de cette création sont les vingt mètres de palissades mobiles (sur roulettes) qui ont été spécialement créées pour l’occasion. Tagguées à l’effigie des dix ans de l’association, leur utilisation était surtout symbolique en enfermant les comédiens avant et après le spectacle. L’invitation lancée aux spectateurs était la découverte de ce que cachaient ces murs de bois.

Théâtre, danse, musique et vidéos

Un des leitmotive de Drôles en Scène est de faire découvrir à ses comédiens différents domaines du spectacle vivant. Aussi, si la majeure partie de ses spectacles repose sur des scènes théâtrales, l’association a fait chanter ou danser ses comédiens à de nombreuses reprises. Le parti pris se voulait être similaire pour La Vague. Ainsi, ce sont huit chorégraphies qui ont été créées spécialement pour le spectacle. Celles-ci se devaient d’apporter une touche supplémentaire à notre adaptation. En effet, il était important pour notre équipe de mettre en place un spectacle qui serait autre chose qu’une simple reprise du livre ou du film.

Don’t stop the party, They don’t care about us, Forbidden Love, Get Stupid, Power Control, Summer 1978 ou encore Souviens toi du Jour ont permis, dans des registres totalement différents, d’apporter une fraicheur supplémentaire à La Vague. Ces oeuvres musicales ont été choisies pour leurs paroles (Souviens Toi du Jour, They Don’t Care About Us, Get Stupid) pour leurs rythmes et l’ambiance qu’elles inspiraient (Don’t Stop the Party, Power Control) ou bien encore pour l’émotion qu’elles dégageaient afin d’appuyer le jeu des comédiens (Summer 1978). Par ailleurs, deux écrans vidéos venaient également encadrés la scène circulaire. Ces derniers permettaient d’appuyer graphiquement certains messages ou certaines chorégraphies tout en mettant en évidence nos vingt cinq comédiens. La scène circulaire nous obligeant à travailler avec deux écrans.

Un réalisme omniprésent

La force de l’histoire originelle réside dans sa crédibilité, son réalisme et l’appréhension qu’un fait similaire puisse se reproduire. Le choix des metteurs en scène a été d’accentuer cette vraisemblance par le biais d’un ensemble d’éléments. Tout d’abord, chaque comédien jouait son propre rôle. Nom identique, situation sociale similaire (excepté pour le professeur d’histoire et Valentin qui se suicide à la fin), tout était fait pour que la crédibilité de l’histoire reste entière. Par ailleurs, un ensemble d’éléments dans le texte permettaient un réalisme spatial et temporel (lieux, dates, personnes citées). L’objectif étant de faire l’histoire quelque chose d’encore plus concret par l’utilisation d’éléments véridiques.

Des comédiens mais pas seulement...

Comme nous l’avons présenté précédemment, Drôles en Scène est avant tout une association de théâtre. Néanmoins, depuis plusieurs années, nous souhaitons que les comédiens s’imprègnent intégralement des créations dans lesquelles ils jouent. Outre le choix des costumes, des décors et des possibilités de faire des propositions en termes de mise en scène et de chorégraphies, nous souhaitons que nos comédiens prennent part également aux autres phases de création de nos spectacles.

Ainsi durant deux weekend complets, nos comédiens ont été invités à venir construire avec Norbert Boislève et James Delaveau les décors de la Vague : palissades, tentures, peinture, tables, roulettes. La quasi-totalité des éléments structurels du décor ont été construits par nos comédiens (avec l’aide et le soutien des encadrants de l’association). Par ailleurs, nous avons souhaité également que nos comédiens puissent communiquer autour de leur spectacle. Ainsi, nous les avons particulièrement intégrés dans la communication faite autour du spectacle. Interview à la web radio de Montbazon en la compagnie de Fabrice Passe, distribution de flyers, d’affiches dans les communes du Val de l’Indre ainsi que dans leurs établissements scolaires respectifs. Par ailleurs, certains comédiens ont également à la mise en place de la technique et à la mise en lumière (conduite) du spectacle.

Des conditions techniques importantes

Une scène de 144 mètres carré stipule également des conditions d’éclairage et de sonorisation importante. Comme pour ses précédentes créations, Drôles en Scène a fait appel à l’association ACT3 dirigée par Alain Maillou. Ces derniers ont eu à leur charge la création et la gestion d’un plan de feu de grande échelle tant par le nombre de projecteurs (une cinquantaine) que par le nombre d’effets visuels (150) sous entendu par la mise en scène. Une journée de montage, une nuit de conduite et deux journées supplémentaires de filage ont été nécessaire dans la semaine précédente à la première représentation.

Une année de répétitions

En tout et pour tout, c’est une année complète de répétitions qu’il a fallu mettre en place pour les comédiens de La Vague. Si les premiers mois ont été assez légers et ont croisé les répétitions de la seconde création de l’année (Exils), l’été 2011 aura été celui des répétitions de La Vague. Outre deux répétitions hebdomadaires entre le 25 juin et le 1er septembre, des journées complètes ont également été prévues durant la période estivale afin d’être au point avant la reprise des cours. Ainsi, sur l’intégralité de l’année, les répétitions ont été articulées comme telles :

 

Septembre 2010 à décembre 2010

Mise en place du projet, travail autour des personnages et principales lignes directrices de la pièce.

Janvier 2011 à Avril 2011

Mise en place des premiers tableaux chorégraphiques et des premières scènes théâtrales

Avril 2011

Enregistrement des vidéos et des parties audios par ACT3

Mai et juin 2011

Pause consacrée au spectacle Exils

Du 25 Juin 2011 au 1er septembre 2011

Mise en place de tous les tableaux (sauf l’ouverture et la fermeture), premiers filages, mise en place des costumes, des tables et des accessoires

Septembre 2011

Travail autour de l’ouverture, de la fermeture, filage intégral de la pièce.

3 et 4 septembre 2011

Construction des décors.

17 et 18 septembre 2011

Weekend technique

(Palissades, sonorisation, mise en place de la régie lumière et son)

Nuit du 17 au 18 septembre

Conduite intégrale de la Vague

18 septembre

Première répétition générale

21 Septembre

Dernière répétition générale

Une équipe soudée

Face à un tel projet, il nous fallait une équipe particulièrement soudée. Outre les membres du bureau et les comédiens, un grand nombre de parents et de particuliers ont également mis « la main à la pâte » quant à la mise en place de La Vague. Aide matérielle, physique, soufflage, technique, accueil public, billetterie, maquillage, buvette, costumes, soutien … En tout, ce sont une quinzaine de bénévoles qui ont participé à ce projet.

Les représentations et le succès

Ce sont les 23, 24, 30 septembre et 1er octobre 2011 qu’ont eu lieu les représentations de La Vague. D’une manière générale, la communication a été portée sur un très large public. En dehors des familles, ce sont tous les collégiens de la Communauté de Communes qui ont reçu un tract (environ 1000 flyers). De même, ce sont une centaine d’affiches qui a été déposée dans des lieux stratégiques (mairies, écoles, bibliothèques, offices de tourisme). Enfin, La Nouvelle République a réalisé à plusieurs reprises des articles annonçant notre manifestation. La force de notre communication reposait principalement sur l’utilisation du logotype du film suite à un accord avec Bac Films et Millimages, obtenu en décembre 2010. Un impact direct dû à la diffusion quelques semaines avant nos représentations de l’oeuvre de Dennis Gansel.

En tout, ce sont 569 spectateurs qui ont assisté aux représentations de La Vague. Outre une jauge importante, les comédiens et l’équipe de bénévoles ont reçu de la part du public trois standing ovation et un soutien jusqu’alors inégalé dans l’histoire de Drôles en Scène. Les conséquences pour l’association ont été directes. Tout d’abord, le soutien des élus de la Communauté de Communes du Val de l’Indre, l’inscription de nouveaux comédiens pour la saison 2010-2011 suite à la découverte du spectacle, des pistes concrètes de programmation de la Vague dans des festivals amateurs locaux, une hausse significatives des visites du site www.drolesenscene.net. Autant d’éléments qui pourraient voir naître prochainement des perspectives d’avenir pour ce spectacle.