Histoire du flashmob


Avant l’avènement d’Internet, plusieurs flashmobs spontanés avaient déjà eu lieu. Par exemple, lors de la visite du Général de Gaulle au Québec en 1967 : entre Québec et Montréal le Général fut acclamé par la foule tout au long du trajet ; autre exemple, un train funèbre suivit l’assassinat de Robert Kennedy en 1968. Ces événements sont étalés dans le temps et dans l'espace : les participants ne se mobilisèrent pas tout à fait en même temps mais au passage du convoi ; ou encore en 1969, un flashmob avec immobilisation de tous les participants, eut lieu en Hongrie, suite au printemps de Prague et au suicide par le feu de Jan Palach qui en a résulté.

 

Le phénomène des flashmobs réalisés grâce à Internet a commencé début 2003 aux États-Unis lorsque des personnes prirent connaissance par Internet d’événements organisés par une personne ou un groupe nommé le « Mob Project », et prévus à New York. Le premier flashmob, qui devait se dérouler dans un magasin, ne put avoir lieu car les forces de l’ordre qui avaient été averties du projet, avaient investi les lieux et effrayèrent les participants.

 

Pour le deuxième essai, les organisateurs évitèrent ce problème en envoyant d'abord les participants dans des zones d'attente où ils devaient recevoir des instructions sur le lieu final et l’événement juste avant qu’il ne commence. Environ deux cents personnes convergèrent ainsi vers le neuvième étage d’un grand magasin, au rayon des tapis. Si un participant était approché par un vendeur il devait expliquer que les membres de ce groupe vivaient ensemble dans les environs de New York, qu’ils voulaient acheter un tapis et qu’ils prenaient toutes leurs décisions d’achat ensemble.

 

Une convergence rapide d’individus sans lien préalable, suivi d’une disparition tout aussi rapide est devenue la caractéristique de ce phénomène. Sur internet, des sites par ville permettent de s’inscrire pour recevoir des instructions et participer à la prochaine « mobilisation éclair ».

 

Les flashmobs se sont rapidement étendus à l’Asie, et à partir d’août 2003 à l'Europe, l'Amérique latine et l'Australie. Le journal La Presse rapporte qu’à Montréal, le 9 août 2003, une quarantaine de personnes se sont ainsi réunies entre 13h19 et 13h22 sur l’esplanade de la Place-des-Arts en criant « Coin ! Coin ! » et ont jeté dans le bassin plus de 200 canards en plastique jaune avant de se disperser subitement. Montréal a ainsi devancé Toronto et Vancouver, où des « rassemblements éclairs » ont également eu lieu.

 

À Paris, le 28 août 2003, a eu lieu la première "foule éclair" française. Une centaine de personnes se sont retrouvées dans le hall du musée du Louvre, ont marché rapidement en parlant au téléphone. Elles se sont immobilisées soudainement, ont applaudi quelque chose en l’air puis se sont dispersées. Elle a été renouvelée un an plus tard : 300 personnes y ont participé. De nombreuses flashmobs ont eu lieu depuis dans la plupart des grandes villes françaises. Certaines ont même été organisées pour contester le projet de loi DADVSI (Droit d'auteur et droit voisin dans la société de l'Information).

 

À Montréal à nouveau, le 7 avril 2006, à 19 h 00 au square Dorchester, une centaine de personnes ont participé à une bataille d’oreillers. À Paris, entre 2008 et 2009, Charles Nouÿrit a organisé les premières foules éclair à partir du groupe Facebook « Freeze Paris », réunissant plusieurs milliers de participants.

 

En juin 2009, la mort de Michael Jackson donne lieu à des flashmobs dans la plupart des grandes villes du monde telles que Chicago, Paris, Stockholm, Montréal ou Taipei, où les participants se réunissent pour danser tous en même temps la chorégraphie de Beat It.

 

Le 8 septembre 2009, à l'occasion du spectacle d'ouverture du Oprah Winfrey Show, d'Oprah Winfrey, sur Michigan Avenue à Chicago, les Black Eyed Peas entament leur tube I Gotta Feeling. Au début et contre toute attente, s'agissant d'une chanson réputée entraînante, la foule reste de marbre, et seule une femme habillée en bleu à l'avant danse. Cependant, à mesure que la chanson avance, de plus en plus de personnes se mettent à danser la même chorégraphie. Devant une Oprah médusée, les 20 000 personnes présentes finissent ensemble la chanson avec la même chorégraphie.

Le 13 mai 2010, au stade couvert de Liévin a eu lieu la plus grande flashmob d’Europe avec 11 000 personnes, sur la musique de Thriller de Michael Jackson durant la rencontre Enjoy dance party 5 organisée par la radio Contact.

 

Le 29 mai 2010, à l'occasion de l'Eurovision de la chanson, l'Europe a organisé un des plus grands flashmob au monde, en dansant sur le tube Glow de Madcon. Plusieurs pays y ont participé avec, d'abord, une action dans les rues de certaines villes européennes (dans l'ordre à l'écran : Alfaz del Pi en Espagne, Reykjavik en Islande, Ljubljana en Slovénie,

Göteborg en Suède, Vilniusen Lituanie, Londres au Royaume-Uni, Düsseldorf en Allemagne, Dublin en Irlande) ; puis les participants s'invitent dans une famille de chaque pays du concours de l'Eurovision. À noter la participation de Son Altesse la princesse Mette-Marit Tjessem Høiby de Norvège et de ses deux enfants.

 

Du 21 au 29 juin 2010, quatre foules éclair sont organisées en Belgique par la chaîne de télévision RTBF pour son association CAP48. Le tout sera filmé et formera un clip vidéo.

 

Depuis, le nombre de flashmobs dans le monde s'est démultiplié à différentes échelles. Le flashmob des Black Eyed Peas Chicago restant une référence du genre...